Pourquoi réduire les aliments transformés ?

Plusieurs régimes visant l’amélioration de la santé ont un point en commun : réduire, voire éliminer les produits transformés.

  • Le crudivorisme recommande de manger tout cru. Adieu 95 % des produits en épicerie !
  • La diète hypotoxique préconise le retrait des sucres raffinés, du gluten, des produits laitiers, de la viande rouge et de la cuisson à haute température. Au revoir pizza !
  • Le régime keto (cétonique) suggère de diminuer les glucides (céréales, sucres, féculents) au profit des lipides (viandes, poisson, volailles, légumes). Exit les gâteaux !
  • La diète paléolithique propose de revenir à la nourriture de nos ancêtres chasseurs-cueilleurs. Bye-bye la soupe en conserve !
  • Le Whole Food Plant Based Diet du Dr Michael Greger. Bonjour les aliments complets !

Carraghénine ammoniacale au petit-déjeuner

Des colorants aux émulsifiants en passant par les stabilisants, le Canada autorise environ 450 additifs.1 Bien que Santé Canada ait évalué leur toxicité, peu d’études se sont penchées sur les interactions entre ces composantes. De plus, ces substances ne se trouvent pas seulement dans la malbouffe ; si une pizza surgelée peut contenir plus de 30 additifs, un yogourt sera peut-être rehaussé de correcteurs d’acide, d’arômes, de texturants2 et le lait écrémé de carraghénine ammoniacale1.

Heureusement, il suffit de lire la liste des ingrédients pour les repérer. Toutefois, certains additifs ne figurent pas sur les étiquettes. C’est le cas des nanoparticules de zinc utilisées comme antimicrobien dans certaines boîtes de conserve. Parce que ces nanoparticules se fixent sur la paroi intestinale, elles pourraient affecter l’absorption des nutriments et augmenter la perméabilité de l’intestin.3

Des fibres de soya pour dîner

L’ouverture des marchés internationaux pose un défi supplémentaire : la provenance des aliments. Quelles sont les normes agroalimentaires des autres pays ? Le documentaire L’empire de l’or rouge s’intéresse aux trois principaux producteurs de condensé de tomates : les États-Unis, la Chine et l’Italie. Ce condensé est utilisé dans les ketchups, les sauces à pizza, les sauces à spaghetti, etc.

Selon le directeur d’une usine chinoise, la portion des additifs qui ne sont pas inscrits sur l’emballage (fibres de soya, féculents et maltose) ne dépasse jamais 20 %. En pratique cela peut monter jusqu’à 55 %. Tout dépend de l’entente entre l’acheteur et le producteur : augmenter les additifs diminue le prix.4

Souper avec E433 et E466

De leurs petits noms polysorbate et gomme de cellulose, E433 et E466 sont peut-être les émulsifiants de votre vinaigrette préférée. En 12 semaines, ces deux additifs ont appauvri le microbiote des souris et endommagé leur paroi intestinale. À long terme, ces effets néfastes sur l’intestin pourraient mener à des désordres métaboliques tels l’obésité et le diabète de type 2.5

Dessert aux glycotoxines

Ce n’est pas un secret, la cuisson élimine 30 % à 50 % des vitamines.6 Et parfois, la cuisson ajoute des glycotoxines, ces produits issus de la réaction de Maillard. Celles-ci pourraient contribuer au développement de certaines maladies, dont l’arthrose, la polyarthrite rhumatoïde et la fibromyalgie.

Contrairement à la croyance populaire, les glycotoxines ne sont pas exclusives aux steaks cuits sur le grill. « La poudre de lait contiendrait 36 fois plus de glycotoxines que le lait cru et sept fois plus que le lait pasteurisé. »7 Cette poudre est identifiée sous les termes « produits laitiers » et « protéines de lait ». Afin de bonifier les saveurs, des glycotoxines synthétiques pourraient s’immiscer dans les ingrédients. Un simple biscuit pourrait compter près de 1000 unités de glycotoxines.7

Choisir le principe de précaution

En 2015, l’espérance de vie d’une femme était de 83,9 ans, mais seulement 70,5 ans en bonne santé.2 Scénario semblable du côté des hommes : 79,8 ans contre 69 ans en bonne santé.

Remplir le panier d’épicerie de produits frais, vrais, semble la meilleure option pour nourrir notre corps avec des aliments qu’il reconnaît et qu’il gère depuis des millénaires. Parce que vivre longtemps c’est bien, mais vivre longtemps sans souffrir, c’est mieux.

RÉFÉRENCES

© Illustration : Karine Raymond (info.lacarottesauvage@gmail.com)

  1. Listes des additifs alimentaires autorisés au Canada.
  2. « L’évaluation du risque de l’effet cocktail – causé par l’accumulation de divers additifs – pose notamment problème. Une seule pizza surgelée peut contenir plus de 30 additifs. – Selon un rapport présenté en septembre par la Commission d’enquête sur l’alimentation industrielle, en France.
    Dans les yogourts aromatisés, l’industrie utilise des correcteurs d’acidité pour produire un goût homogène, des arômes pour que le goût dure jusqu’à la date de péremption et des texturants pour répartir également les morceaux de fruits, a expliqué Sarah Bourbié-Vaudaine, du groupe Danone, en audition devant cette Commission. »
    ALLARD, Marie. Des additifs alimentaires à éviter. La Presse, 2018.
  3. Aliments en boîte de conserve : des nanoparticules de zinc affectent les fonctions intestinales. Psychomédia, 2018.
  4. Documentaire : MALET Jean-Baptiste et Xavier DELEU. L’empire de l’or rouge. France-Canada, JAVA Films, 2017, Minutes 45:22 à 48:58.
    Livre : MALET Jean-Baptiste. L’empire de l’or rouge : enquête mondiale sur la tomate d’industrie. Paris, Éditions Fayard, 2017, 283 pages.
  5. GILMAN, Sylvie et Thierry DE LESTRADE. Microbiote, les fabuleux pouvoirs du ventre. YUZU Productions, ARTE France et INRA, 2019. Minutes 25:00 à 28:26.
  6. 7 choses à savoir sur les aliments en conserve. Passeport santé.
  7. LAGACÉ, Jacqueline.Comment j’ai vaincu la douleur et l’inflammation chronique par l’alimentation. Montréal, Fides, 2011, citation page 105, références pages 100 à 105.
%d blogueurs aiment cette page :
search previous next tag category expand menu location phone mail time cart zoom edit close